Cécile Desserle
Photo Rv Dols

Depuis son plus jeune âge, Cécile est imprégnée par le processus créatif. Née dans une famille de céramistes, enfant elle évolue dans un univers artistique. Au début des années 80, à l'âge de 10 ans, dans le cadre d'atelier ouvert au public, Cécile intègre les Beaux Arts d'Avignon. À douze ans, son aisance justifie sa présence pendant les cours dispensés aux adultes.

"Quand j'ai découvert le flamenco, le terrain était explosif, je pouvais partir dans tous les sens, ce n'était pas fermé."

Le cursus

Scolarisée à Saint-Joseph, établissement jésuite, Cécile élabore des stratagèmes pour s'absenter. La plus grande partie du temps, c'est aux Beaux Arts qu'elle le passe. Dans sa quinzième année, son carton à dessin sous le bras, elle décide de démarcher les galeries. Les refus systématiques affligent l'adolescente.

À ses dix-neuf ans, Cécile s'inscrit à la faculté de Montpellier où elle suit un cursus d'Archéologie. C'est dans l’Hérault qu'elle rencontre Bruno son mari. Sa vie professionnelle s'oriente vers la publicité, mais elle sent bien que sa destinée est ailleurs.

Pour enseigner les arts plastiques, à 24 ans elle reprend les études. Elle obtient un DEUG, une licence et un CAPES. Cécile pense que dans l'art le partage est un vecteur essentiel qu'elle assouvit en enseignant.

Inlassablement, Cécile continue d'immerger ses pinceaux dans la ferveur qui l'anime. Bruno, son mari, lui fait rencontrer Nicole Gogat qui vient d'ouvrir une galerie à Lattes. Elle a 30 ans, sans trop d'espoir elle lui confit six tableaux. Nicole Gogat entrevoit très vite le potentiel de l'artiste. Une forte amitié s'installe entre les deux femmes.

Les périodes s’enchaînent

« La Tauromachie » où le taureau est absent, le travail s'articulant autour de l'évocation, de la suggestion et de l'omniprésence du mouvement.

La seconde période de l'artiste est largement influencée par la rencontre d'une femme âgée dans un bar d'Aigues-Mortes. La vieille gitane raconte sa vie romanesque ponctuée de passion amoureuse avec d'illustres matadors. Cécile peint les amours de « Sounta ».

Le succès prend forme

En 2009, ses désirs résolument modernes font évoluer son art, c'est la série nommée « Le corps caché », sur les toiles les corps sont pourtant bien présents. Elle puise l'inspiration dans des magazines de mode où les femmes sont toutes les unes plus belles que les autres. Elles se succèdent et s'effacent de notre mémoire aussi vite que l'on tourne les pages, un zapping perpétuel d'une femme devenue un objet dévoué à la consommation. Cécile veut leur rendre une âme ponctuée de féminité ; à l'aide de ses fusains elle les sort de cette condition réductrice.

En 2011

La série « Vanité » voit le jour, toujours autour de la mode, la consommation, englobant cette fameuse composition artistique évoquant la destinée mortelle de l'être humain. Elle donne à voir en fond de toile le travail des petites mains autour des confections des vêtements de marque.

Le corps est mouvement

Le premier élément que l'on distingue dans la peinture de Cécile c'est le corps. Le mouvement s'impose très vite à l’œil. La découverte de la danse, du Flamenco, est déterminante dans ses créations. Elle y puise ses discours sur la femme, la féminité de son œuvre, la sensualité, les rapports amoureux, les sentiments, la passion, elle dit d'ailleurs « Quand j'ai découvert le flamenco, le terrain était explosif, je pouvais partir dans tous les sens, ce n'était pas fermé. »

Les modèles de Cécile sont des danseuses. Elle énonce ses souhaits, ce qu'elle veut dire, les sentiments qu'elle a envie de leur prêter. La chorégraphie commence jusqu'au moment où elle stoppe la danseuse pour figer le mouvement sous le fusain. Cécile fait jaillir la fusion entre deux arts, la danse et la peinture impulsées sous ses traits, c'est l'expression qui prédomine.

Comment ne pas évoquer la rencontre avec Abdellatif Kechiche (Réalisateur et scénariste récompensé aux Césars en 2005 : meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario pour « L'esquive ». Également César du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario original pour « La graine et le Mulet » en 2008. En 2013, en compagnie de Léa Seydoux, il a fait chavirer d’émotion le Festival de Cannes ; la sanction fut la Palme d'or pour « La vie d'Adèle »). Abdellatif Kechiche a choisi le travail artistique de Cécile pour illustrer son film « La vie d'Adèle ». Dans le long métrage la plupart des croquis et des tableaux sont de Cécile Desserle.

www.galerie-nicolegogat.com / www.ceciledesserle.com

Propos recueillis par Rv Dols / rv.dols@oeilpaca.fr

 

Desserle

"Marouflage minutieux de la toile pour obtenir une texture lisse et caressante"

Cécile Desserle

"La rapidité de l’exécution donne de l’élan au geste, impression de mouvement continu"

Desserle Cécilet

"La poudre domptée par les pinceaux de maquillage, sur la surface du papier naissance de l’épiderme des personnages"

Cécile Desserle

"Coups de pinceaux, bombe, pochoir, collage, arrachage, débordement, graphisme, brûlure, mots, couleurs acidulées"

 

 

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