Durant l’été 2009, sur les festivals, Hamé disparaît du collectif, B. James apporte sa constance au côté de Casey. La tournée d’automne confirme la présence du rappeur dans l’équipe de Zone Libre.
Serge Teyssot Gay : Les premiers concerts que nous avons fait avec Zone Libre, c’était avec B.James. Son retour dans le collectif est logique.
B.James : Nous avons déjà joué ensemble et on se connaissait avant. Ce n’était pas compliqué pour rentrer dans le collectif. La seule difficulté c’est que je ne suis pas sur l’album. Pour les gens, c’est compliqué dans la mesure où j’apporte ma personnalité et donc mes textes.
Casey : En effet, dans le rap on ne fonctionne pas dans l’interprétation. Cela ne se fait pas. B.James a donc écrit de nouveaux textes qui se substituent à ceux de Hamé.
Zone Libre, ce sont des textes politiques dans lesquels la langue de bois n’existe pas. Que pense Zone Libre de « l’Identité Nationale » tant entendue dans les médias depuis quelque temps ?
Casey : Personnellement, ça m’évoque qu’on s’autorise à y penser, parce qu’on nous demande d’y penser. Messieurs Sarkozy et Besson nous sollicitent pour penser à cela, alors tout le monde tombe dans le piège et accepte cette pensée. Cela me semble très affligeant.
Serge Teyssot Gay : Cela d’une part et, bien évidemment, pour récupérer les voix de l’extrême droite. C’est un calcul politique.
Zone Libre prouve sans complexe que l’union Rock-Rap est une évidence. Ces personnalités fortes font évoluer les clivages musicaux. Avec Zone Libre, nous sommes à des années lumières du bourrage de crâne de l’industrie du disque et de sa complicité télévisuelle qui estampille « Vu à la Télé » pour bouster les ventes du produit « Album ».
Ce sont les gens qui font ce qu’ils sont au plus profond de leur « être », qui accomplissent leur œuvre sans concession à la vindicte marchande, qui font vivre l’Art.
Propos recueillis par Rv Dols |