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Le buzz : Pony Pony Run Run

Rencontre en Avignon, au PDZ, avec les trois membres des PPRR. Le trio, composé de Amaël (basse), Gaëtan (chant guitare) et Antonin (clavier/machine), nous délivre une musique pop rock intemporelle. Il y a quatre ans, ces artistes plasticiens décident de passer dans un autre monde, celui de PONY PONY RUN RUN.

Gaëtan : Avant d’entrer aux Beaux Arts, où nous avons rencontré Antonin, nous avions déjà fait de la musique chacun de notre côté. C’est vrai qu’à l’époque nous étions plus dans des perspectives plastiques. Par la suite nous avons décidé de partir sur une formation qui met en avant toutes les influences musicales que nous avons en commun.

C’est donc la naissance des PPRR. Ils commencent à sillonner l’Europe à l’aide d’une Kangoo et vivent des aventures qui forgent le destin. Puis vient le temps des premiers vols.

A Bordeaux, une remorque remplie de matériel qui au petit matin avait disparu.

Anaël : Sans le matos, heureusement on l’avait monté chez un pote.

Ils achètent un camion et partent en Allemagne, Pologne, Luxembourg, Tchécoslovaquie, Ecosse, Espagne, Italie, Croatie, Suisse et j’en oublie peut-être. C’est le 3ème Bureau de Wagram, en la personne de Stéphane Espinosa, qui contacte PPRR pour les signer et enregistrer leur premier album « You Need PPRR » sorti le 15 juin 2009. Ils passent par la case studio avec Fred Lo, producteur entres autres de Daniel Darc. Après, il y a la diffusion du morceau « Hey You » au générique du Grand journal de Canal+, un vrai coup de pouce pour le trio. Depuis la rentrée 2009, ils sont sur les routes de France ; promo et concerts, les places s’arrachent en quelques heures. Des dates sont déjà planifiées jusqu'en Août 2010.

Oeil paca.fr : Peut-on dire que ce groupe est né sur la route ?

Gaëtan : C’est vrai que nous sommes parvenus tous les trois à capter très vite l’univers musical que nous voulions faire ensemble. Après, il y a eu un peu plus de 120 dates en Europe et ce, avant d’enregistrer l’album. Ce qui nous a également permis de retourner les morceaux dans tous les sens et d’arriver au résultat escompté. Le studio, c’est la concrétisation de tout ce travail fait sur la route. Mais nous n’oublions pas que quand nous sommes rentrés en studio, il y avait aussi une certaine fatigue qui s’était métamorphosée en lassitude. La nécessité de se poser et d’avoir un support correct s’imposait.

Oeil paca.fr : Forcément, les morceaux n’ont eu de cesse d’évoluer.

Gaëtan : Même sur les premiers concerts on les faisait déjà évoluer. En arrivant au studio, c’est vrai que la forme devrait être définitive. Nous avons un peu tout retouché. Il y a quelque morceaux qui ont subi un lifting de dernière minute, assez conséquent mais sans les dénaturer. Sur You Need Pony Pony Run Run, il y a des morceaux des débuts, d’autres un peu moins vieux et des récents. C’est un peu une visite de ce que nous avons fait sur trois ans.

Oeil paca.fr : Beaucoup d’influences dans votre son…les années 80… les années 90… le tout passé au shaker 2010, pour nous délivrer du PPRR.

Gaëtan : Tu l’as dit tout à l’heure, intemporel. Nous préférons penser en ce sens, forcément il y a des réminiscences des années 80 et 90, puisque ce sont nos influences. Cependant, sans prétention, je pense que c’est quelque chose de moderne. J’espère que notre musique sera le reflet des années 2010 dans plusieurs décennies. Une certitude, on ne s’inscrit pas dans la revendication nostalgique des années passées.

Oeil paca.fr : PPRR s’est souvent fait détrousser, on l’a vu tout à l’heure avec la remorque, mais il a eu aussi les chambres d’hôtels visitées… Les Pony sont-ils des proies faciles ?

Gaëtan : Je crois que oui.

Antonin : Après une certaine quantité de fêtes, effectivement.

Anaël : Nous n’avons pas de chance aussi. C’est vrai qu’en Pologne nous avons fait la fête et on s’est couché, avec un trop plein d’alcool, à 7 heures du matin pour se faire voler à 7h 30.

Antonin : Pendant l’enregistrement de l’album à Paris, nous sommes partis le week end et le lundi au retour il n’y avait plus rien dans les chambres d’hôtel. Période difficile, de plus à cette époque nous vivions sur de maigres réserves, et il restait trois semaines de studio à tenir. Des moments pénibles mentalement.

Oeil paca.fr : Beaucoup de dates à venir, je crois que c’est quasiment complet pour novembre et décembre (2009) mais aussi janvier (2010). Avec ces futurs concerts, le risque ne réside t-il pas dans un simple « copier coller » ?

Anaël : Pendant les balances, nous modifions certaines petites choses, histoire d’arriver sur ce qui correspond à l’humeur du moment.

Gaëtan : Il y a l’envie permanente de changer les ambiances, tout simplement parce que nous aussi nous évitons de nous lasser. Tout en gardant à l’esprit que le public et la salle jouent un rôle prépondérant. Ce qui ressort en général, c’est le partage. Nous ne sommes pas dans l’esbroufe. C’est le public et nous. Il y a des jours où nous sommes moins bons et le public le sent. Et des jours où le public est moins bon et nous le sentons aussi.

Oeil paca.fr : Vous êtes tous les trois passés par les Beaux Arts… La réflexion a-t-elle une influence sur vos créations actuelles ?

Gaëtan : C’est plus un esprit critique par rapport à notre travail. Sans être dans l’analyse à outrance. Notre but est d’arriver à quelque chose qui se passe de réflexion. Nous arrivons à nous détacher de ce que nous faisons, pour savoir où nous voulons en venir. Que cela soit juste une évidence. En aucun cas nous voulons nous prendre la tête et faire quelque chose de prétentieux. Il y a beaucoup de travail à fournir, et notre esprit critique s’exerce sur la perfection de ce que nous voulons donner.

Oeil paca.fr : Après toutes les galères de la route, aujourd’hui vous avez un label, un tourneur et un régisseur... Les PPRR se sont-ils embourgeoisés ?

Gaëtan : C’est vrai, en comparaison avec les débuts et les moments compliqués il y a du changement. Il y a une relation très humaine avec le 3éme Bureau. Le tourneur et surtout notre régisseur Pepe sont très compétents. Cela nous permet d’être plus professionnels et de nous concentrer sur nos objectifs.

Dès l’instant où nous avons monté ce projet, et ce pendant trois ans, la vie était financièrement très compliquée. On voyageait, on voyageait, sans gagner d’argent, sans en perdre également, sans se poser de question. Le peu de cachets que nous gagnions partait directement dans le fonctionnement du groupe. Une seule volonté nous motivait, continuer PPRR. Finalement cela paye d’être obstiné. Nous avons eu des avances du label, nous les avons très vite dépensées. Notre premier salaire c’était en octobre 2009 et ça fait du bien.

Antonin : Quelque part, au fond de moi, je savais que c’était ce que je devais faire. Chaque année tu te dis : «  aller encore un an et ça va le faire ». Finalement nous avons de la chance mais nous l’avons forcée.

Anaël : Le soutien de nos proches, Fanny, Annie…est vraiment très important pour nous.

Oeil paca.fr : PPRR est actuellement dans le projet « You Need PPRR », mais vous arrive-t-il de vous projeter dans de futures envies ?

Gaëtan : Naturellement, nous pensons en faire un second, trouver le temps de le faire sans se poser la question : « comment le faire ? ». Mais en aucun cas, faire un « Hey You 2 ».

Propos recueillis par Rv Dols

 

 

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