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Numéro 3 : Février / Mars 2008
   
   

Découverte : Pure Human Music

Pure Human Music (PHM) est un groupe de Beatbox marseillais composé de MisterLips 27 ans, passé par une école de design, un bac art appliqué et quelques temps chez les compagnons ; et de MicFlow, 25 ans, qui a suivi une formation de communication visuelle, Fac d’ Art plastique.

Des jeunes cultivés, la tête bien vissée sur des épaules droites, et un discours sensé.

Pour avoir eu la chance de les voir à deux reprises sur scène, à Toulon et en Avignon, et être resté scotché à chaque prestation, nous ne pouvons que vous conseiller ces talentueux Marseillais.

C’est tout simplement la référence sur l’hexagone. Pour la seconde année consécutive (2006 et 2007), ils ont été élus par leurs pairs champions de France par équipe. Aux championnats du monde en 2005 à Lipchitz en Allemagne, ils se sont classés troisièmes.

 

Mais c’est quoi le BEATBOX ? Le Human Beatbox est une discipline très peu médiatisée en France, issue de la culture Hip-Hop de l’Amérique du Nord. C’est une reproduction de sons d’une boîte à rythme, réalisé avec le corps humain : la bouche, le cou, la poitrine... PHM arrive à imiter les scratches des Djs, les samples et le son d’instruments de musique. Impressionnant.

Au début des années 1980, le human beatbox (boîte à rythmes humaine) se fait reconnaître aux États-Unis grâce au Fat Boys « Brrrrou Stick'hem ». Les figures incontournables sont alors Doug E. Fresh et Biz Markie. Le human beatbox se développe également en Europe, représenté par les Fabulous Trobadors en France.

Dans les années 90, l’apparition des nouvelles musiques électroniques (Techno, Drum’n’Bass et autres), amène tout naturellement les jeunes des quartiers issus du mouvement Hip-Hop au Beatbox. Le Beatbox devient un véritable phénomène qui se répend dans l’underground du monde entier. Des groupes de qualité émergent du mouvement tels Rahzel the Godfather Of Noise, ou les incontournables The Roots. En France, ce sont les Saïan Supa Crew qui popularisent le Human Beatbox en combinant scratchs vocaux, reprise en beatbox du tube Ring My Bell et le tube international Angela sur le même album.

Les années 2000 font apparaître les premiers championnats officiels et le premier championnat du Monde en 2005, c’est Roxorloops qui en sera le premier vainqueur. Le premier championnat de France a eu lieu en octobre 2006 avec pour vainqueur L.O.S et, par équipe, les fantastiques PHM (et je pèse mes mots !).

L’œil Paca.fr : PHM c’est quoi ?

MicFlow : PHM c’est un groupe de Beatbox marseillais qui existe depuis 2003. A la base on était trois, maintenant nous sommes deux.

L’œil Paca.fr : Marseille c’est important ?

MicFlow : Au niveau des amis, de la famille : complètement ! Après, au niveau professionnel, je ne sais pas si on fait partie de l’identité marseillaise musicale. On est dans l’émergence du mouvement en région Paca et peut-être la première vague des Beatboxeurs à Marseille.

L’œil Paca.fr : Vous êtes deux sur scène ?

MicFlow : Oui, mais en réalité nous sommes trois car nous avons un ingénieur du son qui logiquement tourne avec nous. Malheureusement ce soir il était absent et le show s’en trouve amoindri.

L’œil Paca.fr : Quand on a du talent et que l’on fait de la qualité, n'est-ce pas frustrant que très peu de personnes s’intèressent à vous ?

MisterLips : Avant tout c’est pour le plaisir qu’on fait du Beatbox. Après qu’il y ait 10 000, 20 000 ou 300 000 mille personnes qui nous écoutent, personnellement pour moi c’est pareil. Le but est-il dans la notoriété ? C'est vrai qu'avec davantage de relais, ce serait plus facile de se produire sur scène.

L’œil Paca.fr : Comment faîtes-vous évoluer votre art ?

MicFlow : Sur certains morceaux au bout d’un moment on s’ennuie, donc fatalement nous sommes contraints de faire évoluer les choses. Techniquement nous aussi on progresse et scéniquement on apporte du nouveau au fur et à mesure que le temps avance. Je pense que nous ouvrons le champ de notre discipline.

MisterLips : il y plein de choses que nous n’avons pas encore exploitées et on a les capacités d’aller plus loin. J’ai le sentiment que le Beatbox est sans limite.

L’œil Paca.fr : Vous fonctionnez comment sur scène ?

MisterLips : Nous avons une liste de morceaux, des thèmes et des bases qui peuvent évoluer selon la soirée, l’ambiance dans la salle. Mais c’est aussi à nous de mettre le feu.

MicFlow : Le problème, c'est que bien souvent les gens sont trop attentifs, trop « captivés » par nos performances.

MisterLips : c’est du Beatbox festif, qui garde sa magie. C’est une illusion sonore avec un maximum de choses qui se passent en même temps. Les gens ont le sentiment que tu es une machine.

L’œil Paca.fr : Certaines personnes vous aident à vous produire sur scène ?

MicFlow : Oui et heureusement ! Au Balthazar, à Marseille, ils font beaucoup pour les musiques actuelles ; l’Akawaba à Châteauneuf de Gadagne (84) nous a permis de faire une résidence, c’était vraiment top.

L’œil Paca.fr : Vous bougez en 2008 ?

MicFlow : Oui, au Liban et en Syrie avec notre autre formation Under Control. On fait parti d’un plateau de cinq groupes venant de cinq pays différents de la Méditerranée. Le projet c’est que les cinq groupes tournent dans des festivals différents dans les cinq pays. Avec PHM, on part en Mongolie fin Août pour deux semaines pour faire des créations avec des musiciens Mongols ; il y aura avec nous des collectifs, d’autres groupes. L’échange culturel est une chance pour nous. Nous allons profiter à fond des instants qui nous serons offerts.

Propos recueillis par Rv Dols


Toutes les photographies du n°3 sont réalisées par Rv Dols et sont propriètés de l'auteur Tous droits réservés ©Rv Dols

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